Le cercle du pouvoir

Le cercle du pouvoirQue faire lorsqu’on est un jeune cadre soucieux de son avancement et que l’on travaille dans une société qui vous offre, après que vous ayez payé trois malheureux milliers de dollars, de faire de vous un chef ? On accepte. Puis on signe une sorte de contrat, qui vous lie corps et âme pendant la durée du stage, dans lequel il est stipulé que les gentils organisateurs peuvent agir à votre endroit comme bon leur semble. Et là, c’est déjà un pied dans le purgatoire. Inspiré, semble-t-il, d’un fait réel qui a eu lieu aux États-Unis, «Le cercle du pouvoir» montre bien à quel point l’homme peut se dégrader pour franchir les soi-disant degrés de la réussite. Fessées, coups, humiliations, brimades, annihilation de toute volonté, aveu de ses vices pour, selon la théorie en question, renaître véritablement. S’affirmer comme un leader. Et tous les participants du stage, les uns après les autres se laissent entraîner dans ce cercle infernal avant de dire leur illumination, sauf un. Comme pour bien, finalement, prêcher le triomphe de l’individu. Il faut avouer que l’on suit ce film avec une attention qui va crescendo avec l’oppression des participants. A la fois révolté et impuissant, et finalement heureux que tout cela ait pu se passer ailleurs. A moins que…

Piège mortel

C’est un film à prendre par son début. Ne ratez ni les cinq premières minutes, ni les cinq dernières. C’est un film par conséquent à ne pas raconter. Et quand bien même faudrait-il le faire, par quel bout le prendre tant il y a de rebondissements, de fausses pistes qui se révèlent vraies, et des vraies qui vous mènent dans des labyrinthes.Piège mortel Bref, cela commence, quand même, par la représentation d’une pièce policière qu’on devine tout de suite être un bide. L’auteur, qui jadis connut un certain succès, semble complètement fichu, jusqu’au jour où il reçoit la pièce écrite par un de ses anciens étudiants. Dès lors, il n’a qu’un seul souci, inviter le jeune et talentueux auteur, se débarrasser de lui et endosser la paternité de cette œuvre. Personne ne manquera de faire un rapprochement entre le film de Lumet et celui de Mankiewicz « Le limier ». Il est vrai que beaucoup de choses les rapprochent, le huis-clos du drame, les incessants changements de situations, voire la démarche même de l’intrigue. Mais la comparaison s’arrête là. «Le limier», superbe et inoubliable, ne souffrait pas d’une mise en scène par trop «théâtralisée». De plus, la force des compositions de Sir Laurence Olivier comme de Michael Caine, que l’on retrouve également ici, était sans précédent et reste inégalée. Celle des principaux acteurs de «Piège mortel» est tout à fait honorable. Elle est, c’est sûr, convaincante au point de nous faire marcher deux heures durant sans le moindre ennui.

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